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Célébration de la journée mondiale des lépreux

Focus sur le dépistage volontaire

vendredi 5 mars 2010

Après Manga en 2009, c’est le tour de la province du Houet qui a abrité le dimanche 28 février 2010 la journée mondiale des Lépreux sur le plan national. La fête qui s’est déroulée à Kiri localité située à quelques kilomètres de Bobo-Dioulasso à été présidée par le ministre de la Santé du Burkina Faso Saïdou Bouda. Cette 57ème journée mondiale des Lépreux a pour thème, « la lèpre ne tue pas. Elle exclut ». Le fait de célébrer cette fête dans la petite localité de Kiri n’est pas un fait de hasard.



En effet, après la fermeture des léproseries il y’a de cela quelques décennies, certains anciens malades à Bobo-Dioulasso comme ailleurs dans le pays sont restés sur place ou juste à côté dans ces structures de santé.

Mais par la suite ils ont été priés de libérer le domaine public situé dans l’enceinte de la direction régionale de la santé publique des Hauts-Bassins et grâce à l’association burkinabé Raoul Follereau, un terrain de cinq hectares a été acquis à Kiri.

Il faut dire que des personnes de bonne volonté comme la famille de l’Abbé Joanny Sanou a consenti de céder une partie de son domaine familial foncier, le cabinet CERAUD de M. Raoul Sanou pour les travaux topographiques, le directeur général de l’entreprise FORAM pour l’exécution d’un forage.

Les différents tâcherons et ouvriers qui ont édifié le joyau, sans oublier l’union internationale des associations Raoul Follereau qui a investi à elle seule trente-cinq millions qui permettent aujourd’hui de recaser les anciens malades de la direction régionale de la santé des Hauts-Bassins. Il faut souligner que parmi ces malades, bon nombre d’entre eux pratiquent des activités génératrices de revenus.

Ainsi, au cours de la cérémonie, outre les dons en farine, en couvertures en nattes et savons, certains ont obtenu sur place des prêts en espèce allant de 4 000 à 50 000 FCFA afin de mieux mener leurs activités génératrices de revenus. Cette enveloppe financière d’un montant de plus de 3 millions de F CFA provient de l’union internationale des associations Raoul Follereau.

L’inauguration des locaux qui doivent abriter les anciens malades a été faite par le ministre de la Santé Saïdou Bouda. Dans son intervention, il a déclaré que la commémoration en différé de cet évènement par le Burkina Faso répond au souci d’inaugurer le site initié par l’association Raoul Follereau et dédié aux anciens malades de la lèpre.

En outre, le ministre Bouda a fait savoir que cette commémoration de la journée mondiale des lépreux répond aux attentes du Burkina Faso. Plus qu’une occasion, elle est une opportunité de sensibiliser le public et d’appeler à la générosité de tous pour soutenir les actions de lutte contre cette maladie.

Ces actions de lutte concernent les domaines suivants : le développement de l’éducation sanitaire des populations afin d’encourager le dépistage volontaire, le renforcement des compétences des agents de santé pour une prise en charge adéquate et précoce, l’aide à la réinsertion socio-économique du malade afin de lui permettre de retrouver sa dignité, la communication pour une baisse de la stigmatisation des malades.

Allant dans le même sens en parlant de stigmatisation qui rejoint le thème de cette journée, le président de l’annonciation burkinabé Raoul Follereau le Dr Jacques A. Ouandaogo a dit « la discrimination et l’exclusion s’observent toujours dans bien des localités du Burkina Faso.

Dans certaines formations sanitaire, le lépreux n’est ni reçu, ni écouté, surtout celui qui présente des plaies infectées et nauséabondes. Ceux qui veulent des preuves, peuvent les interroger, ils sont là ». Dans les années 1950 où Raoul Follereau a débuté sa croisade, il fallait arriver à convaincre le grand public que la lèpre est une maladie comme les autres.

C’est au cours du congrès international pour la défense et la réhabilitation sociale des lépreux réuni à Rome du 16 au 18 Avril 1956 sur l’initiative de l’ordre souverain et militaire de Malte que la lèpre a été reconnue comme une maladie relativement peu contagieuse et susceptible d’être efficacement traitée.

Ce congrès avait émis le vœu que les malades atteints de cette affection soient traités comme n’importe quels autres malades (la tuberculose par exemple) sans aucune discrimination, que dans les pays où la lèpre constitue un problème social une campagne de propagande soit entreprise pour informer l’opinion publique de son vrai visage et pour détruire les superstitions et les préjugés attachés à cette maladie.

Au Burkina Faso, les efforts conjugués de tous : gouvernement, donateurs, chercheurs, partenaire, agents de santé, communauté, des avancées significatives ont été enregistrées dans la latte contre la lèpre.

Au Burkina, le nombre de nouveaux cas a diminué de moitié en espace de dix ans en passant de 913 cas en 1999 à 412 cas en 2009 dont 359 malades encore sous traitement au 31 décembre 2009. Mais malgré ces résultats flatteurs, la lèpre n’est pas totalement finie dans le pays. Le taux élevé d’infirmités associé, l’insuffisance de détection des cas, l’insuffisance dans la prévention des invalidités et la réadaptation physique doivent retenir l’attention de tous.

Dans l’appel du président de l’union internationale des annonciations Raoul Follereau Michel Récipon il est dit ceci. « Nous apportons notre pierre à la construction d’un monde sans exclusion et plus humain, c’est dire un monde sans lèpre, où chacun peut vivre dignement », Michel Récipon qui a été présent à cette fête à Kiri a été fait chevalier de l’ordre de mérite par le président du Faso.

La fête des lépreux à Kiri a connu du succès avec le déplacement du ministre de la Santé et de tout son staff, du gouverneur de la région des Hauts-Bassins, les directeurs et chefs de service et surtout la population sortie nombreuse pour soutenir les malades. Une danse de masques a animé la cérémonie et tout le village de Kiri ce 28 frévrier

Félix G. OUEGRAOGO

Correspondant à Bobo-Dioulasso

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