Généralement désignée sous le vocable de session des lois, celle qui s’étalera du 3 mars au 31 mai prochain a à son ordre du jour plusieurs projets de loi dont les textes portant protection et promotion des droits des personnes handicapées, ceux portant protection des données à caractère personnel, le code de l’aviation civile, le texte de loi fixant la limite d’âge des personnels des forces armées nationales (FAN) et le projet de loi de règlement au titre du budget de l’Etat, gestion 2008.
Tout naturellement, des questions orales avec ou sans débats et des questions d’actualité seront posées au gouvernement. La principale attraction de la session sera la séance plénière du Jeudi 25mars 2010 à 16 heures. C’est à cette date en effet que le Premier ministre chef du gouvernement fera devant la représentation nationale la situation de la nation.
C’est un exercice constitutionnel attendu tant par le législatif que par l’Exécutif. Le premier veut faire de cette occasion un moyen privilégié de contrôle de l’action gouvernementale tandis que le gouvernement utilisera cette tribune pour présenter à la nation les résultats probants de sa volonté de construire le Faso.
En ouvrant les travaux de la session, le président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, a attaqué de front plusieurs questions d’actualité.
La première est liée à l’organisation de la journée des paysans. Il a salué cette rencontre de dialogue direct entre le Président du Faso et les productrices et producteurs du monde rural et a rendu hommage à l’action des paysans burkinabè pour assurer l’autosuffisance et la sécurité alimentaires.
Roch Marc Christian Kaboré a aussi évoqué la situation politique nigérienne qui préoccupe tous les démocrates. Le chef du Parlement a dit que ’’le coup d’Etat perpétré au Niger par une junte militaire, le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) a donné l’occasion de réaffirmer notre position de principe contre toute prise de pouvoir par la force, en dehors des voies constitutionnelles.
La théorie des bons et mauvais coups d’Etat relève d’une rhétorique malsaine et étrangère aux principes républicains et démocratiques. C’est pourquoi, nous appelons les autorités de fait du Niger, à organiser dans les meilleurs délais, des élections libres et démocratiques, afin de permettre au vaillant peuple nigérien de choisir librement les hommes et les femmes auxquels il souhaite confier la destinée du pays’’.
Evoquant les crises qui secouent des pays de la sous région, le chef du parlement a réitéré au président du Faso l’admiration et la gratitude de la Représentation nationale et exprimer l’engagement des parlementaires à ses côtés, pour le soutenir dans ses efforts en vue de ramener la paix et renouer avec la démocratie en Côte d’ivoire et en Guinée.
Pour le président Kaboré, ’’l’accord historique de Ouagadougou sur la crise guinéenne, intervenu le 15 janvier 2010 a permis de mettre en place des structures de transition habilitées à conduire la Guinée , d’ici la fin de l’année, vers des élections transparentes, sans doute les premières depuis l’indépendance de ce pays.
En Côte d’Ivoire, le 22 février dernier, en sa qualité de facilitateur du dialogue inter-ivoirien, l’intervention du Président du Faso a permis d’instaurer un dialogue entre les partis prenantes, de remettre en place un gouvernement et une Commission Electorale Indépendante en vue de poursuivre le processus électoral.
Il reste à souhaiter que tous les protagonistes, dans l’intérêt supérieur de cette nation frère, œuvrent résolument pour donner toutes ses chances à l’Accord politique de Ouagadougou afin de garantir une sortie définitive à cette crise qui n’a que trop duré’’. L’élection présidentielle du 21 novembre prochain a aussi retenu l’attention du président de l’Assemblée nationale qui a souhaité que toutes les initiatives et réflexions permettent d’améliorer et de consolider le processus démocratique dans notre pays.
Cette année, c’est le président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo qui a été l’invité d’honneur du Parlement burkinabè. Dans son adresse, Evariste Boshab a salué l’excellence de la coopération parlementaire entre nos deux pays et à demander la consolidation de cette relation.
Larba YARO
larbayaro@yahoo.fr