Et ce ne sera pas une mince affaire. Depuis que dure le fléau de la surcharge des véhicules, il est acquis à la longue que cette pratique néfaste a fini par se muer en la règle. En effet pour de nombreux transporteurs routiers, charger le maximum de marchandises obéit à une logique économique. Réduire le coût des produits et parvenir ainsi à une rotation rapide.
Mais cette pratique devenue courante à l’échelle du continent est un véritable attentat contre nos routes bâties à coût de milliards.
Est-il possible de boucher le bitumage d’une route au prix de sacrifices immenses et d’accepter de le voir partir en lambeaux au bout de deux à trois ans ?
En se rendant à Dakola le lundi dernier, les ministres en charge des transports et des infrastructures ont donné le top départ d’un contrôle plus rigoureux, une prise en main qui ne vient pas trop tôt. Pour le cas particulier du Burkina, les investissements consentis sur les corridors en une dizaine d’années ont explosé à un point où le bitumage de nouvelles voies accuse un retard de programmation difficile à combler.
Pour ne plus avoir à remettre des projets vitaux pour notre économie à plus tard, encore faut-il tenir ferme sur cette opération lancée du contrôle de la charge à l’essieu.
Elle aura lieu avec des grincements de dents, les opérateurs du secteur étant déjà dans la logique de l’augmentation des prix dû à l’augmentation du nombre de rotations pour transporter un même tonnage de marchandises.
C’est pourtant une façon de voir qui occulte les conditions de circulation sur des routes qui assurent confort, sécurité et gain de temps.
Sans préjuger des concertations futures entre les protagonistes sur ce dossier épineux, le laxisme ne doit pas être la prime. Parce que sans routes, il n’y aura pas de commerce, a fortiori les inquiétudes sur le surcoût généré par la fin de la pratique de la surcharge.
Souleymane KONE