Trop bavards pour ne pas dire parlant sans jamais réfléchir, les Français tonitruantes aujourd’hui sont en train de déconstruire une aura, une image et un empire que leurs prédécesseurs ont mis des siècles à forger.
Avec un ministre des Affaires étrangères parlant de tout et de rien à tort et à travers, un locataire de l’Elysée plus soucieux de son image que des affaires de l’Etat, incapable manifestement de s’empêcher de frédiler et faire le beau, la France a entamé une réculade sans gloire sur fond de polémique (question de l’identité) et une dégringolade mâtinée de ridicule aux yeux de ceux qui hier encore lui vouaient une admiration sans bornes.
A se montrer inconstante et inconséquente, à trop parler au point de friser la légèreté, la France montre le visage inattendu d’une puissance molle et indécise à laquelle beaucoup s’aviseront désormais de s’attaquer sans état d’âme.
C’est trépidant de colère qu’un jeune Guinéen a déclaré sur les ondes d’une radio locale : « Sur qu’elle base la France décide-t-elle à la place des Guinéens de l’opportunité ou non du retour de Dadis Camara dans son pays ? »
Si comme l’a prouvé la tentative du jeune Nigérian, les Africains sont en train d’être recrutés par la nébuleuse Al Qaïda, alors la France peut vivre dans sa chair les revers d’une diplomatie se déplaçant à cloche-pied et les conséquences de mots malheureux prononcés par ses ressortissants en Afghanistan, en Afrique ou ailleurs.
Déjà, à l’OMS, les Africains ont refusé de se conformer aux consignes de vote visant à installer un Français à la tête de cette institution.
Les Malgaches ont « oublié » de recevoir les lettres de créance d’un diplomate accrédité dans leur pays et les Camerounais ont dit carrément niet à un autre parce que celui-ci porte malheur.
Le Togo n’a pas hésité à expulser un diplomate français pour ingérence et irrévérence caractérisées, expulsion à laquelle la France a aussitôt répliqué platement par une autre expulsion..
Le Premier ministre ivoirien s’est vu obligé de répondre à « l’insolence » d’un secrétaire d’Etat français dont les propos à son avis étaient ceux d’un roturier.
Il n’y a pas jusqu’à Idriss Deby Itno d’un naturel pourtant réservé qui ne soit amené par les commérages sur ses dépenses d’armement à donner une réplique appropriée à des officiels français dont on se demande ce qu’ils ont compris de la politique en général et de la diplomatie en particulier.
En un temps record, la France a réussi le tour de force de se rendre détestable et impopulaire même auprès de personnes auparavant sans histoire à son encontre.
Il y a maintenant en Afrique et partant à travers le monde où la France a pris la parole des réserves suffisantes contre elle pour que le passage de la simple dénonciation à l’offensive terroriste ne soit qu’une question d’opportunité que certains peuples ou Al Qaïda s’empresseront d’ouvrir si le tir n’est pas rectifié.
Et le plutôt serait le mieux.
Luc. NANA
Justice - Clearstream : Villepin relaxé
Le jugement du procès Clearstream a été rendu le jeudi 28 janvier dernier. C’est un jugement de 326 pages qu’a lu le président du tribunal, relayé par son assesseur, ce jeudi matin en épilogue de l’affaire Clearstream. En voici les premiers élements, en attendant la prononciation des peines.
Relaxe pour l’ancien Premier ministre pour tous les chefs d’accucation. Du délit de complicité de dénonciation calomieuse, au recel. Au cours d’une lecture interminable des attendus, le tribunal a requalifié les faits de complicité par abstention et non par instruction. "En ne faisant rien, DDV a-t-il permis à la dénonciation de continuer ?", demande le président. "On vient de créer le délit de ne rien faire", a commenté Me Metzner, l’avocat de Villepin.
"Cette affaire est montée à l’envers. On part du mobile pour arriver aux faits." Mais le tribunal n’aura finalement pas condamné Villepin.
Une peine de 18 mois de prison avec sursis et une amende de 45.000 euros avait été requis à l’encontre de l’ancien Premier ministre, soupçonné de "complicité par abstention de dénonciation calomnieuse" pour ne pas avoir prévenu Nicolas Sarkozy que son nom figurait sur de faux listings de comptes à l’étranger.
Au cours d’une lecture très sévères des attendus contre lui, il est décrit comme "de mauvaise foi", "pas crédible" : "Gergorin n’a rien fait pour arrêter la dénonciation dont il était l’auteur".
Il est déclaré coupable du délit de dénonciation calomnieuse. Il a été relaxé pour le délit de faux mais coupable d’usage de faux et de recel.
Le procureur avait requis le 20 octobre 2009 3 ans de prison, dont la moitié ferme Imad Lahoud : Il a fourni "une aide déterminante" au délit de dénonciation calomnieuse, établit le jugement.
Le falsificateur des listings c’est lui. Il est déclaré coupable de complicité de dénonciation calomnieuse. Le procureur de Paris avait requis deux ans de prison dont 18 mois ferme.
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