En dépit du regain d’intérêt de la communauté pour la problématique de la santé de la reproduction depuis la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) tenue au Caire du 5 au 13 septembre 1994, la santé des jeunes de 15 à 24 ans qui représentent un peu plus de deux milliards de la population mondiale présente un bilan mitigé et même inquiétant.
Ce tableau sombre révèle que sur le plan mondial, une naissance sur dix provient d’une mère adolescente. Dans les Etats les moins avancés, la situation est alarmante avec une naissance sur six qui émane de jeunes femmes ayant entre 15 et 19 ans.
Au Burkina, les adolescents et jeunes de 10 à 24 ans représentent environ 31 % de la population totale et l’on enregistre au sein de cette frange les grossesses précoces et/ou non désirées avec des corollaires d’avortements et de décès maternels chaque année. L’on estime à 7800 (selon les sources de l’Unité Etudes et de Recherche en Démographie (UERD) le nombre d’avortements clandestins par an dans la ville de Ouagadougou.
A cela s’ajoute la consommation abusive du tabac et de l’alcool par les jeunes qui devient de plus en plus une préoccupation majeure. On n’oubliera pas de signaler l’insuffisance ou l’absence dans une certaine mesure, de communication (dialogue) entre parents et enfants sur la santé sexuelle et reproductive de leur progéniture.
Au regard du développement des situations liées aux grossesses non désirées, à l’avortement clandestin fait par des jeunes filles et l’accroissement des pertes en vie humaine liées particulièrement à l’absence d’éducation à la base des adolescents et des jeunes dans les familles et dans le milieu scolaire, la nécessité d’introduire la promotion de la santé sexuelle et reproductive de cette frange de la population dans les programmes et projets de développement du gouvernement s’impose. Autrement dit, la promotion de la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes a besoin d’une volonté politique d’aller de l’avant.
A ce propos, la loi sur la santé de la reproduction qui a été adoptée au Burkina n’est pas encore en application, faute de décret d’application.
Ce qui a pour conséquences, des difficultés d’action pour certains partenaires de l’Etat d’agir à travers la disponibilité de produits de contraception.
En attendant 2015, une attention particulière accrue doit être portée aux droits en matière de santé de la reproduction dans les lois et politiques nationales.
De nombreux pays ont réorienté les services et intensifié la formation pour améliorer la qualité, élargir les choix de méthodes de planification familiale en vue de mieux répondre aux besoins et désirs des populations surtout jeunes.
Abou OUATTARA