C’est fou de voir comment le sport le plus populaire au monde cultive les paradoxes. L’un des plus remarquables est certainement ce refus forcené de la défaite quand il s’avère fort justement que celle-ci demeure sa constante jumelle.
Dans ce sens, il était connu de tous que des seize nations appelées en Angola, huit allaient plier bagage au soir du 21 janvier 2009. Mais la défaite consommée, la presse, les supporters, les observateurs de tous les pays recalés en ont fait des tonnes et des gorges chaudes. Pourquoi diable la défaite, partie prenante de ce jeu là, est-elle devenue une donnée interdite ?
On le constate d’autant mieux que les sorties jugées prématurées de la Côte-d’Ivoire et du Cameroun furent vécues par le monde du football, sinon par tous les Ivoiriens et Camerounais comme des drames nationaux. La presse a rivalisé de titres déclinés sous le mode fatwa pour ainsi dire tout le mal qu’elle pensait de leur onze national.
Entraineurs dehors, joueurs vieillissants et incompétents, fédérations truffées de « nullards » et de magouilleurs, tout y est passé. Et pourtant, on ne cesse par ailleurs de répéter cette vérité banale : la défaite fait partie du football.
Dans le même temps, elle est inadmissible, inacceptable et ainsi transformée en une sorte de gangrène à extraire du football de chez soi pour la déporter dans celui d’autrui.
Balle à terre, serait-on tenté de dire. Après tout, ce n’est qu’un simple jeu. C’est sans doute, faire preuve là, de la naïveté propre aux doux rêveurs. Parce qu’on l’avait aussi remarqué. Les fêtes qui ont envahi les rues des villes algériennes suite à la qualification des Fennecs et des Pharaons pour les demi-finales.
Décidément, il n’ya que la victoire qui compte et qui soit belle. Demi-finale Egypte - Algérie, on a déjà peur de l’issue de cette rencontre alors qu’elle devrait être une affiche salivante. Prêchons pour le match nul. Vous aurez compris, c’est une boutade.
S.K