Sommet
d'Accra III sur la crise ivoirienne: L'incontournable
accord de Linas-Marcoussis
Soudan: Une
guerre née de l'apartheid au Darfour
Soudan
Une
guerre née de l'apartheid au Darfour
Alors
que les ballets diplomatiques se poursuivent sur le Darfour, la catastrophe
humanitaire et les persécutions des populations noires soudanaises deviennent
de plus en plus importantes. Et pourtant la paix au Soudan et la stabilité de
toute la sous-région passent par la résolution du conflit.
Le
cessez-le-feu signé le 08 avril 2004 à N'Djamena, sous la médiation
tchadienne entre le gouvernement soudanais et les deux groupes rebelles actifs
au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) et le Mouvement de
libération du Soudan (MLS) qui s'accusent mutuellement.
Depuis
le déclenchement du conflit en février 2003, on démontre plus de 10000 morts
d'après l'ONU, un million de déplacés au Soudan et plus de 100 000 réfugiés
au Tchad voisin. Le mouvement de fuite des populations civiles se poursuit,
tandis que les djandjawids multiplient des raids au delà de la frontière. Ce
qui pourrait annoncer une internationalisation de la crise.
Un
conflit de purification ethnique
Rappelons
que la guerre du Darfour (divisé en trois entités administratives (Nord, Sud
et Ouest) a éclaté au mois de février 2003.
Elle
avait été précédée dans le Darfour Ouest par une série de violences perpétrées
durant les années 1996-1998 par les milices arabes à l'encontre des
populations non arabes. Les tueries et la politique de la terre brûlée mise en
œuvre par les premières s'étaient déjà traduites par une première vague de
fuite vers le Tchad.
La
rébellion armée du MJE et du MLS (apparus début 2003) s'est donc constituée
voici une quinzaine de mois, au moment où se dessinait une perspective d'accord
de paix dans l'interminable conflit (à forts relents pétroliers) opposant par
ailleurs Khartoun au Sud du Soudan (le SPLA de John Garang). Mais certains médias
ont toujours parlé de guerre en termes Nord-Sud et religieux. Le Nord musulman
contre le Sud, aux populations animistes ou chrétiennes.
De
nos jours, les violences du Darfour démentent ces explications simplistes : les
populations noires y résidant sont elles aussi musulmanes et le discours sur
les "guerres de religion ne tient donc pas".
A
tout point de vue, il est plus juste de caractériser la situation au Soudan
comme un Etat d'apartheid (au détriment Des Zaghawa, Four, Massalit du Darfour
et autres Soudanais noirs) et la guerre actuelle comme une tentative de
"purification ethnique" conduite par le gouvernement
militaro-islamiste de Khartoun.
Le
premier constat est que, les combats entre rebelles et armée gouvernementale
n'ont guère provoqué de déplacements de populations. Ceux-ci ont commencé en
juin 2003, lorsque les bombardements aériens des villages de la zone ont
commencé relayés au sol par la systématisation des raids djandjawids, pillant
et brûlant des localités entières.
La
catastrophe humanitaire s'installe
Selon
les rebelles du Darfour, 30 % des villages désertés ont été détruits ou brûlés.
Des chiffres difficiles à vérifier, car dans la projection la moins
pessimiste, celle du gouvernement en place, une localité sur trois aurait
disparue de ces provinces martyrs.
La
crise humanitaire prend des "proportions catastrophiques", selon les
mots du Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan "et le monde doit
insister pour que les autorités soudanaises neutralisent et désarment la
milice qui continue à terroriser la population. Elles doivent aussi permettre
l'accès de l'aide humanitaire", ajoutait Kofi Annan.
Dans
l'immédiat le sort des réfugiés au Tchad est déplorable.
Car
la situation est encore aggravée par le fait que la saison des pluies commençante
à rendu l'accès aux victimes encore plus difficile pour la venue des aides
alimentaires et sanitaires.
L'Union
africaine quant à elle a une mission, réussir
à instaurer par des voies légales la paix au Soudan. Il y va de la stabilité
de la région.
Théodore Zoungrana
Email tzoungana@yahoo.fr
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