Xe
anniversaire des Engagements nationaux: Il
était une fois, le 2 juin 1994
Chefferie
traditionnelle au Burkina: Quel
statut dans la gouvernance démocratique ?
Forum
sur la sécurité sociale: Pour
une protection sociale pour tous
Privatisation
de la SONABEL: L'inquiétude
des députés
Privatisation
de la SONABEL
L'inquiétude
des députés
Dernière
ligne droite pour nos honorables parlementaires qui procèderont en début de
semaine prochaine à la clôture de la première session ordinaire de l'année
en cours. Ils se sont cependant donné le temps d'interroger vendredi dernier le
gouvernement au sujet de la virtuelle privatisation de la Nationale d'électricité,
la SONABEL.
C'est
le député ADF/RDA du Centre-Sud Idrissa Ouédraogo qui est l'auteur de la
question orale à laquelle est venu répondre le ministre des Mines, des Carrières
et de l'Energie, M. Abdoulaye Abdoulkader Cissé.
L'intérêt
de la question orale est fondé sur les délibérations de l'Assemblée
nationale du 04 juillet 2001. A cette date en effet, la Représentation
nationale donnait son feu vert au gouvernement pour la privatisation
d'entreprises à participation de fonds publics dont justement la SONABEL.
A
travers cette interpellation, les élus nationaux ont voulu avoir le cœur net
sur la préservation des intérêts des populations, ceux de la Nation mais
aussi les emplois des travailleurs. Privatisation rimant généralement avec
licenciement, les députés ont voulu prendre les devants pour avoir des
explications claires. De même, ils ont voulu entendre du représentant du
gouvernement si les prix de l'énergie déjà suffisamment élevés ne connaîtront
pas de nouveau des hausses dès la privatisation faite. Abdoulkader Cissé, la
main sur le cœur a indiqué qu'il n'y avait pas de raisons d'être inquiété
car a-t-il expliqué, "ce qu'il faut savoir, c'est que la privatisation
n'est pas encore faite". En outre, le gouvernement a exactement les mêmes
préoccupations que l'Assemblée nationale. Il a reconnu avec les députés que
le secteur de l'énergie était des plus stratégiques, toutes les précautions
doivent être prises pour éviter des situations fâcheuses. La future
privatisation de la SONABEL se fera de ce fait sous "contrôle". Le
ministre en charge de l'énergie a aussi expliqué qu'en application de la loi
qui réglemente l'approvisionnement du pays en énergie électrique, il sera
maintenu "les activités de transport et de distribution dans une même
entreprise qui sera l'acheteur unique de toute l'électricité produite et de
libéraliser la production de sorte que les besoins de production thermique
futurs soient assurés par des producteurs privés indépendants". Cette
approche devait en principe permettre à l'Etat de conserver un droit de regard
et de contrôle sur la politique énergétique et de développement économique
et social. En outre, une telle méthode a l'avantage d'assurer un fonctionnement
cohérent dans la perspective des interconnexions avec les pays voisins et les
grands projets de la CEDEAO.
Pour
éviter de tomber dans les erreurs des Etats qui ont devancé le Burkina dans la
privatisation de leur unité de production d'électricité, le Burkina joue la
prudence.
Aussi
a-t-il décidé de ne désengager l'Etat de la SONABEL que si des mesures sont
prises afin que les financements du développement du système électrique
soient assurés. En l'état actuel du sous-secteur de l'électricité, faut-il
le rappeler les besoins d'investissements sont importants. C'est dans ce sens
que le Conseil des ministres du 24 mars dernier préconise entre autres que la
SONABEL soit transformée en société fermière avec l'ouverture de son capital
de façon majoritaire à un partenaire stratégique ainsi qu'aux partenaires
privés nationaux et au personnel de l'entreprise. C'est pour cette raison que
le ministre soutient avec conviction qu'il n'y aura pas de licenciements à la
SONABEL après la privatisation.
S'agissant
de l'électrification rurale et au regard de son caractère déficitaire, sa
gestion sera assurée par l'Etat, les ONG, le secteur privé burkinabè et les
collectivités locales. Ce volet sera financé par le fonds de développement de
l'électrification conformément aux dispositions légales.
Pour
ce qui est du financement des investissements, le Burkina Faso a déjà eu
l'assurance des bailleurs de fonds qui se sont engagés dans ce sens. Fort de
tous ces éléments, le ministre Cissé a été catégorique en affirmant que
"la privatisation de la SONABEL n'aura pas pour conséquence l'abandon du développement
du service universel".
Cet
optimisme n'a pas été partagé par les députés qui, au regard des expériences
de certains pays voisins attendent de voir. La plénière a cependant exhorté
le gouvernement à ne ménager aucun effort pour étendre les réseaux d'électricité
à l'ensemble du territoire national.
Larba YARO
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